Château de Leh

Quelques notions d’histoire !

    Les Tibétains venus du haut plateau du nord-est s’installèrent dans la vallée de l’Indus vers 500/600 avant J-C. A cette époque, ils pratiquent la religion Bon.
Avec le 7ième siècle, le grand Lama Songsten Gampo apporte le bouddhisme dans cette région du Ladakh ; cette influence va s’étendre au  sud, à travers le Zanskar, vers les vallées du Cachemire actuelles.
L’isolement caractéristique du Zanskar va permettre aux idées bouddhiques d’y perdurer jusqu’à nos jours, alors que  le Cachemire redevient musulman.
Après une période d’indépendance relative et de guerres fratricides, le Zanskar est finalement annexé par le Ladakh au 17ième  siècle. Les rois du Ladakh et du Zanskar sont de la même famille, ce qui assure une période de paix.
Enfin, depuis 1842, le Ladakh et le Zanskar font partie de l’état Jammu et Cachemire, le seul état indien qui s’étend de part et d’autre de l’Himalaya. La situation reste inchangée après    l’indépendance de l’Inde en 1947.
Mais si Leh est la capitale du district du Ladakh, Padum choisit  le rattachement à celui de Kargil, musulman, afin de favoriser la construction de la seule piste, encore actuellement, qui permet de briser son isolement de mai à novembre.
Ce qui de nos jours ne va pas sans poser de nombreux problèmes : les finances du Zanskar bouddhiste dépendent de l’administration musulmane de Kargil !

Quelques notions de géographie !

    Au nord-ouest de l’Inde, entre les plus hautes montagnes de la planète le Karakoram et l’Himalaya, le Ladakh s’étend sur le bassin hydrologique du fleuve Indus et de ses affluents.
L’un d’eux, le  Zanskar  coule du sud vers le nord et donne son nom à la région ; elle a la taille d’un département français, 15 000 habitants, une capitale Padum qui ressemble à un gros village.
Les gorges creusées par le fleuve sont un paradis pour le géologue ! Cette brèche creusée au sein même de l’Himalaya permet d’admirer l’empilement des différentes couches qui le composent, des strates roses, grises, vertes, bleues, noires, pliées, compressées. On peut découvrir ces magnifiques paysages en hiver en marchant sur le fleuve lorsqu’il gèle et prend alors le nom  de Chaddar, la « piste de la Fée ».
En amont, la vallée, bordées de hautes montagnes désertiques qui culminent à 6000m, forme une vaste plaine où s’étalent de nombreux méandres.
Les villages de Pishu, Zangla, Stongde, Karsha sont construits aux débouchés des vallées adjacentes. Ils vivent essentiellement de l’agriculture avec en particulier l’orge, céréale essentielle à la survie de la population, cultivée grâce à l’irrigation.
En effet, la haute barrière himalayenne fait du Zanskar un désert  que la mousson n’atteint pas, l’extrème rigeur du climat (très froid en hiver, très sec en été) et l’altitude rendent les cultures difficiles.
Cette vallée abrite les Monastères de Karsha, Stongde, Sani et Phuktal, les Nonneries de Pishu, Zangla, Karsha et Tungry , reflet d’un boudhisme  bien vivant. Plus qu’une religion ou une philosophie, c’est un art de vivre qui régit tous les actes de la vie quotidienne.
Padum, la capitale où habitent les quelques familles musulmanes est le centre commercial de la région, qui s’agrandit grâce au tourisme.
A gauche, en remontant l’un des deux cours d’eau qui forment  le Zanskar, la vallée de la Tsarap mène à Manali en 6-8 jours de marche, tandis qu’à droite, la vallée de la Doda a permis la construction de la seule route qui relie le Zanskar au monde extérieur en passant par le col du Pensi-La, 4400m d’altitude et conduit à Kargil en 10-12 heures de  piste caillouteuse et aérienne.
Cette piste est fermée dès les premières neiges de novembre, la Zanskar s’enfonce alors dans l’hiver et son isolement ne sera rompu que de mi-janvier à fin février, lorsque les Zankarpas peuvent, en 5 à 6 jours (et nuits) emprunter la voie du Fleuve Gelé pour se rendre à Leh.